Historique de l'ALEPS.

L'Association pour la liberté économique et le progrès social (A.L.E.P.S.) a été fondée le 10 décembre 1966 sur la suggestion d’un industriel parisien, M. André Arnoux.


Elle a pour objet :

  • d'étudier l'ensemble des conditions qui permettent aux sociétés humaines de vivre dans la liberté et de progresser de manière continue au profit de tous.
  • d'affirmer et de diffuser dans l'opinion les principes et les idées d'un libéralisme actuel et d'avenir.
  • de créer et de gérer des prix, bourses d'étude et de voyage, fondations et œuvres diverses, et plus généralement tout ce que le Conseil d'Administration décidera.

(d'après les statuts parus au Journal Officiel du 10 décembre 1966).
 

Le troisième alinéa explique que le Conseil d'administration se soit fixé, par la suite, pour but de promouvoir l'idée de la liberté économique, moteur du progrès social, son support étant le développement des droits de propriété, de la responsabilité et des libertés contractuelles nourrissant les processus de marché.
 

L'ALEPS est une association créée ainsi afin de soutenir l'économie de la liberté dans le milieu intellectuel et universitaire français, l'intention d'un des fondateurs, André Arnoux, étant d'encourager les recherches théoriques et pratiques dans cette direction ainsi que l'information du public en cette matière.
 

L'ALEPS a eu pour fondateur un groupe composé d'intellectuels (notamment Jacques Rueff, Daniel Villey, premier président de l'aleps et président du premier jury du "Grand Prix André Arnoux", Luc Bourcier de Carbon, deuxième président de l'aleps), de chefs d'entreprises (au nombre desquels André Arnoux et Pierre de Calan) et de journalistes :

« Quand elle a été fondée, on pouvait compter les économistes libéraux sur les doigts d'une seule main. Jacques Rueff, Gaston Leduc, Daniel Villey, Louis Rougier et Luc Bourcier de Carbon, étaient les seuls à faire front à la vague marxiste, les seuls à appartenir au réseau des intellectuels libéraux fondé par Hayek, la Société du Mont-Pèlerin.
Aujourd'hui les choses ont évolué dans un sens plus favorable, et il existe des équipes libérales plus fournies.
Mais elles n'ont toujours droit à aucune reconnaissance scientifique et universitaire dans les milieux français. »
    — 
Jacques Garello[1]
 

 L'ALEPS s'est fait connaître par deux grandes manifestations annuelles :
- le "Grand prix André Arnoux" à partir de 1967 et,
- à partir de 1968, la "Semaine de la Pensée Libérale"

dont le public recevait des affichettes du type présenté ci-dessous:

L'ALEPS réunit aujourd'hui des universitaires, des hommes politiques, des responsables d'entreprises, des étudiants, mais surtout des gens épris des idées de liberté et de responsabilité.

Elle est ouverte à qui veut en être membre et ne nécessite aucun parrainage.

A ce titre, elle est aussi la libre entreprise et le libre-échange au service des hommes.


Chaque année, l'ALEPS convoque ses membres en Assemblée générale pour statuer sur les activités menées la dernière année (rapport financier du trésorier) et sur les activités à mener l'année à venir (rapport moral du président).
La réunion est l'occasion de remettre le
Grand Prix du Livre Libéral au lauréat.

 

L'ALEPS est actuellement présidée par Patrick Simon, le secrétaire général est Jacqueline Balestier, le trésorier Georges Lane.

 

 

1. Une tradition intellectuelle.

 

Dès l'origine, l'ALEPS s'est inscrite dans la tradition intellectuelle française de Jean-Baptiste Say et de Frédéric Bastiat.

Ses dirigeants ont entrepris de rendre son ancien prestige au mot libéral et d'encourager tous les efforts tendant à donner aux conceptions libérales de toujours une formulation et un contenu qui répondent mieux aux exigences de l'ère du temps.

 

L'ALEPS s'est donc signalée à l'opinion publique par l'organisation de deux grandes manifestations annuelles :
- d'abord le Grand prix André Arnoux à partir de 1967

- puis, étant donné le succès du prix, à partir de 1968, la Semaine de la Pensée Libérale.

 

 

2. Le "Grand Prix André Arnoux".

 

Monsieur André Arnoux, chef d'entreprise (Etablissements Chauvin-Arnoux) et écrivain, avait confié à l'association qu'il créait avec ses amis le soin de gérer un prix littéraire annuel de 10000 francs (15000 €uros en 2006), destiné à distinguer un ouvrage mettant en relief le rôle de la liberté économique comme facteur du progrès social et de la promotion de l'homme, l'intention du fondateur étant d'encourager les recherches théoriques et pratiques dans cette direction, ainsi que l'information du public en cette matière.

 

Les cinq membres du jury étaient élus par le conseil d'administration de l'ALEPS et devaient choisir le lauréat.

Par exemple, le "Grand prix André Arnoux" de l'année 1967 alla à Jacques Rueff (ci-dessous à droite dans la photographie),

 

André Arnoux remettant le "Prix" à Jacques Rueff

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

celui de l'année 1968 à Maurice Allais, futur lauréat du Prix Nobel de science économique (en 1988).

 

Après le décès d'André Arnoux en 1971, le Prix fut entretenu par Daniel et Denyse Arnoux jusqu'en 1974, année où il fut décerné à Bertrand de Jouvenel.

Entretemps, il avait été décerné successivement à Raymond Aron, Pierre de Calan, Louis Armand, Jean Rey et Thierry Maulnier.

 

Mais étant donnés les propos du Président de la République nouvellement élu cette année-là, M. Giscard d'Estaing, sur le « libéralisme avancé » et pour éviter toute confusion entre la pensée libérale et ce dernier gadget technocratique, Daniel et Denyse Arnoux mirent un terme au prix.

Il a revu le jour, il y a quelques années, sous la dénomination "Prix du libre libéral".


 

3. La "Semaine de la Pensée Libérale"

 

L'ALEPS a organisé la Semaine de la Pensée Libérale en réaction à la semaine de la pensée marxiste lancée par Roger Garaudy et pour démystifier autant que possible l'opinion, la débarrasser de croyances néfastes et gratuites.

 

La 1ère Semaine de la Pensée Libérale a surgi dans cette époque de transition que fut l'année 1968 et qui menaçait les valeurs individuelles par à la fois une recherche d'égalité destructrice des élites et un renforcement des groupes qui absorbent les individus.

Elle se déroula du 14 au 20 novembre 1968, à la Salle des congrès de la Maison de la Chimie, à Paris. Présidé par M. Luc Bourcier de Carbon, le premier jour eut pour thème "La soif de liberté du monde moderne".

Se suivirent les exposés du président et de MM. Claude Bruaire, Michel Drancourt, Michel Crozier.

 

"Les pouvoirs de décision dans l’ordre libéral" fut le thème du deuxième jour.

Après un discours de Jacques Rueff, président de la journée, intitulé « les pouvoirs de décision dans l’ordre libéral », se succédèrent MM. William François, Marcel Martin et André Aumonier.

 

Troisième journée : "De la centralisation à la pluralité des centres de décision", sous la présidence de Gaston Leduc, Maurice Allais traita de "La signification économique et sociale de l'économie de marché", puis Léon Gingembre et Pierre de Calan.

 

Président de la quatrième journée : Maurice Allais pour le thème de "La révolution économique des pays collectivistes" avec des exposés de MM. Jean Marczewsky, Bazil Kerblay, le Colonel Garder et Albert Garand.

 

La dernière journée eut pour thème "pour un ordre libéral" et pour président Maurice Roy.

Intervinrent MM. Gaston Leduc, René Poirier, Hyacinthe Dubreuil, sans oublier le discours de clôture de Luc Bourcier de Carbon.

 

Ci-dessous, une photographie des gens venus assister à une des séances:

La 2e Semaine de la Pensée Libérale eut lieu du 20 au 24 octobre 1969 sur le thème Les rapports de l'État, de l'individu et de la Société, selon la pensée libérale.

Son but a été d’affirmer publiquement la vitalité de la pensée libérale et son actualité, à une époque où tant d’hommes d’action, tant d’intellectuels et tant de jeunes cherchaient les moyens de concilier et de promouvoir dans la théorie et dans la pratique, l’efficacité économique, la justice et les libertés individuelles.

 

La premère journée porta sur "L'Economie de marché et la condition ouvrière" : s'y exprimèrent Louis Devaux, Michel Lelart, Claude Harmel, Hubert Jam.

 

Deuxième journée : "Les catholiques et le libéralisme économique" sur quoi planchèrent Pierre de Calan, Albert Garand, Henri Guitton et André Aumonier.

 

Troisième journée : "Pour une Europe libérale : une politique industrielle" avec Guido Colonna Di Paliano, Robert Marjolin et Emil Maria Claassen.

 

Quatrième journée : "Liberté et rigueur dans la vie professionnelle" avec Sylvain Floirat, Luc Bourcier de Carbon, le docteur B.C. Savy, Pierre Lhermitte et Albert Brunois.

 

Enfin cinquième journée : "Les conditions actuelles de la croissance économique" avec Gaston Leduc, André Bénard, Claude Charmont, Maurice Allais, Hyacinthe Dubreuil et un discours de clôture prononcé par Luc Bourcier de Carbon.

 

Puis il y eut

- la "3ème Semaine de la Pensée Libérale" en novembre 1970 sur "Le libéralisme sortie de secours du socialisme",

- la "4ème" du 4 au 8 décembre 1971 sur "L'efficacité sociale du libéralisme",

- la "5ème" les 2-6-9 décembre 1972 sur "Les réponses libérales aux problèmes actuels".

 

La "6ème" - du 26 au 29 novembre 1973 - ouverte et cloturée par Jacques Rueff - - porta sur "Notre libéralisme, un projet de société", la "7ème" sur "l'inflation en 1974", etc.

 

L'Aleps se rapprocha du CLSF pour s'installer en 1975 dans l'appartement actuel du 35, avenue Mac Mahon.

 

L'arrivée de Jacques Garello et de Jacqueline Balestier respectivement à la présidence et au secrétariat général de l'ALËPS marqua, en 1981, un tournant pour l'association.
 

Auparavant, elle avait été enrichie des "nouveaux économistes", réunis dès 1978 à Aix en Provence en une "Université d'été de la Nouvelle Economie" qui devint "métronomiquement" annuelle.

 

 

Quelques ouvrages.