L'organisation de la sécurité sociale.

 

1. Un livre essentiel.

 

                                                     La sécurité sociale et comment s'en sortir

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

http://www.editions-du-trident.fr/georgeslane.htm

 

 

2. Extrait du Bulletin trimestriel "Liberté économique et progrès social", avril 2008.

LIRE LIBÉRAL

 

Georges LANE

 

La sécurité sociale, et comment s’en sortir

Éditions du Trident, 2007, 596 p. (1)

(1) Prix 29 euros.

 

 

 

Le travail de Georges Lane est celui d’un érudit, d’un érudit économiste, et d’un économiste libéral.

 

Érudit.

 

L’érudit nous raconte la saga de la Sécurité Sociale. Il remonte au XIXe siècle pour rappeler comment l’idée de la mutualité est née, et comment le principe de l’assurance s’est imposé dans une société qui s’ouvrait au progrès social.

Certes dès 1850 naissent des débats autour de la retraite des fonctionnaires, le législateur hésitant en permanence entre répartition et capitalisation. Mais la capitalisation satisfait le plus grand nombre, et il faut attendre le XXe siècle pour voir les assurances privées contestées.

Pendant un siècle la couverture contre les risques majeurs est offerte à prix réduit, grâce à la qualité de la gestion de l’épargne par les compagnies. La réglementation et l’inflation vont compromettre ce progrès, et l’État aura beau jeu ensuite de faire croire à la faillite d’un système qu’il a sinon ruiné du moins perturbé. Parallèlement, l’idée de l’État Providence aura progressé avec une première offensive, celle de Bismarck, soucieux de désamorcer la lutte des classes en corrompant les travailleurs, puis une seconde, avec Beveridge, qui croyait aux vertus des dépenses publiques pour créer le plein emploi. La Sécurité Sociale apparaît davantage comme le fruit d’une idéologie que comme un impératif économique.

C’est d’ailleurs le régime de l’État français qui en 1941 met en place la Sécurité Sociale telle que nous la connaissons. L’allocation aux vieux travailleurs salariés, les allocations familiales : voilà les décrets du régime de Vichy à l’instigation de René Belin, ministre du travail, lui-même inspiré par les socialistes étatistes. En 1945, dans le droit fil du programme économique de la Résistance, conçu essentiellement par les communistes, ce sont les ordonnances d’octobre qui créent un vaste ensemble qui ambitionne d’instituer la solidarité de tout un peuple. Un monopole public de la protection sociale s’instaure alors, et depuis lors ses méfaits ne cessent de s’accumuler : déficits, injustices, irresponsabilité sont les fruits naturels de la Sécurité Sociale. Aujourd’hui la récolte est abondante.

L’érudition de Georges Lane se marque encore à la connaissance approfondie

de tous les débats qui ont accompagné la Sécurité Sociale depuis 1945 : les principales forces politiques impliquées dans le débat, les très nombreux rapports, les « réformes » qui se sont succédées, qui aboutissent à rendre le système toujours plus complexe, plus bureaucratique, plus coûteux. De nombreuses citations de la Cour des Comptes, de nombreuses analyses et de nombreux discours politiques : rien ne peut masquer les faiblesses congénitales de la Sécurité Sociale.

 

Économiste.

 

Pourquoi cette évolution n’a-t-elle pas mieux été perçue, pourquoi n’a-t-on pas réagi à cette déroute dramatique ? C’est que les analyses ont été celles de juristes positivistes et d’économistes mathématiciens. Georges Lane n’est ni l’un ni l’autre, c’est un économiste.

On peut faire aux juristes qui se sont penchés sur la question de la Sécurité Sociale le reproche d’avoir placé les « droits sociaux » avant le droit. Positivistes, ils sont partis des textes, constitutionnels, législatifs et réglementaires qui régissent la matière et constituent les codes du travail et de la Sécurité Sociale. Ces textes excluent le libre choix, le contrat, la concurrence, et sont marqués du sceau de la lutte des classes, pudiquement rebaptisée dans l’expression « partenaires sociaux ». Les intérêts des salariés y sont naturellement confiés aux syndicats, le monopole public est légitime. Il y a une certaine logique, bien exposée par Georges Lane : à partir du moment où le système repose sur une solidarité obligatoire, il ne peut y avoir la moindre liberté individuelle de choisir son assurance : tout le monde doit cotiser sinon le système explose. Ainsi la gestion de leur revenu et de leur patrimoine est-elle ôtée aux particuliers pour être confiée aux caisses. Le droit des personnes s’efface devant les droits sociaux : triste hiérarchie pour des juristes. Georges Lane rappelle au contraire ce qu’est l’état

de droit, ce que sont les principes qui permettent à la liberté individuelle de s’exprimer. Fallait-il qu’un économiste donne la leçon à tant de juristes ?

Mais cet économiste, à la différence de la plupart de ses collègues universitaires français, ne se perd pas dans les arguties statistiques, dans l’accumulation de chiffres et de modèles où se complaisent habituellement les spécialistes de la santé ou des retraites. Ces analystes ont simplement oublié que le propre de la science économique est d’expliquer la logique des comportements humains, et non pas de manipuler des grandeurs macro-économiques qui travestissent la réalité et décrivent un avenir fallacieux.

Georges Lane maîtrise pleinement la théorie financière, qu’il enseigne depuis des années à l’Université de Paris Dauphine. Cependant il ne la sollicite pas pour fabriquer le nième modèle. Il en retire ce qui est le plus authentique, le plus profond : l’attitude des individus face au risque, les choix intertemporels et intergénérationnels entre consommation et épargne, la capacité d’information et d’innovation des marchés financiers. À l’heure où se propage la farce de l’opposition entre entreprise et finance, il rappelle les liens indissolubles entre les deux, qui créent l’efficacité et la justice du système capitaliste. En digne disciple de Bastiat (dont il nous a récemment permis de relire les « Harmonies sociales » (2)) Georges LANE n’a aucune illusion sur la socialisation de la protection sociale, sur la collectivisation de la prévoyance.

(2) Frédéric Bastiat, Les Harmonies Économiques, avec une présentation de Georges Lane, Ed. du Trident, Paris, 2008.

 

Libéral.

 

Personnellement, c’est sans doute la dernière partie de l’oeuvre de Georges LANE, consacrée à l’exploration du futur, qui m’a le plus passionné. Et pour cause : l’économiste écrit en libéral authentique, je dirai en libéral hayekien.

Un autre que lui aurait conclu un ouvrage sous-titré « Comment s’en sortir » par la production d’une recette miracle, rigoureusement établie. Rien de tel chez Georges LANE, il n’a qu’une recette : la liberté d’assurance. Il part de la constatation que dans un système de liberté la créativité des entrepreneurs est permanente.

La pratique financière a fait des progrès tellement rapides qu’elle prend de court les agences de cotation, les banquiers (l’affaire des subprimes montre le décalage entre des systèmes bancaires désuets bâtis autour de banques centrales et la souplesse d’un marché financier mondialisé). Sans doute des erreurs peuvent-elles se commettre : le progrès s’engendre par un processus d’essais et d’erreurs. Mais on peut faire entière confiance à la logique de l’assurance. Il faut que l’ignorance à propos de l’assurance soit entretenue, comme elle l’est aujourd’hui, pour ne pas voir que l’avenir de la Sécurité Sociale est dans sa disparition, et que le futur de la couverture des risques est dans l’assurance.

Georges LANE nous conduit donc à la conclusion imparable : on va passer de l’obligation et du monopole public au libre choix et à l’entreprise privée, et du même coup de la répartition à la capitalisation. Ce passage sera-t-il facile ?

Peut-on l’accompagner ? Ici le lecteur reste sur sa faim... Georges Lane nous assure (p. 556) que ce passage ne soulève « aucun problème moral ou temporel », mais c’est une coquetterie d’auteur : je crois savoir qu’il s’intéresse de près à un ouvrage à paraître très bientôt et consacré à cette question de la transition...

 

J’allais oublier l’essentiel : ce livre d’un érudit, économiste libéral, est aussi celui d’un ami. Merci, Georges, pour le dévouement et le talent que tu mets au service de l’ALEPS et de la cause libérale depuis des années. Merci pour ton amitié personnelle. Par amitié autant que par réalisme, apprécions ensemble l’ouvrage de Georges Lane.

Jacques Garello 

 

3. Commentaire de Bogdan Calinescu (IREF).

Tout le monde le sait.

Nous avons le meilleur système de santé au monde et la meilleure protection sociale. Ce sont des modèles que tous les peuples nous envient mais qu’aucun ne copie… Bizarre. Quelle seraient les raisons de cette admiration et de cette méfiance. Pour ce qui est de la première, elle a été nourrie aux mythes créés par les défenseurs d’un système de santé unique et étatisée tandis que la méfiance est apparue avec le temps lorsque les individus ont compris que ce système était très coûteux et beaucoup moins égalitaire qu’on ne le pense… D’ailleurs, c’est bien Martine Aubry qui l’a reconnu, peut-être sans s’en rendre compte, en affirmant en 1997 que plus de 6 millions de Français (10 % de la population) étaient sans aucune couverture médicale.  Et cela dans un pays avec la « meilleure assurance sociale au monde ».

 

Georges Lane rappelle comment est apparu le mythe de la Sécurité sociale. En 1945, on l’avait adopté pour des raisons idéologiques : « La Sécurité sociale balayera les désordres de l’économie de marché, du capitalisme et du droit. Elle mettra fin à certains « échecs du marché », en libérant du susdit marché les activités de traitement du risque social. Parallèlement, elle interdira désormais aux capitalistes « d’abuser » plus avant de leur « pouvoir » sur les travailleurs. Le mythe fondateur est né. Face à lui, la voix d’un Albert Camus se sent étouffé d’avance : « Voici la rentrée parlementaire. On va reprendre les tractations, les marchandages et les chicanes. Les mêmes problèmes qui nous excèdent depuis deux ans seront conduits dans les mêmes impasses. Et chaque fois qu’ne voix libre s’essayera à dire, sans prétention, ce qu’elle en pense, une armée de chiens de tout poil et de toute couleur aboiera furieusement pour couvrir son écho ». Tout est dit.

 

D’autres mythes sont apparus par la suite…  D’abord, le mythe technique d’une sécurité sociale qui serait une technique de couverture ; le mythe économique qui a consacré la sécurité sociale en tant que monopole syndicratique avec un double monopole d’achat. La sécurité sociale accapare effectivement l’ensemble de risques sociaux personnels, monopolise l’achat des produits de recouvrement de la santé en détruisant la liberté de choisir les produits offerts et les fournisseurs de soins. Il y a ensuite le mythe juridique – je dirais le flou juridique – créé par la sécurité sociale entre les assujettis et les « fournisseurs d’Etat », entre l’administration et les le monde médical.

 

C’est aussi un mythe politique qui entre dans la tradition de l’idéologie utopiste du collectivisme, un mythe méthodologique qui fait croire qu’on puisse manipuler l’économie à notre guise…

 

Plus prosaïquement, le gouvernement annonce pour 2009 plus de 15 Mds d’euros de déficit pour la Sécurité Sociale après avoir dit il y a quelques années que ce déficit serait résorbé très rapidement… Mais, comme d’habitude, c’est le contribuable qui paiera l’addition. En réalité, la sécurité sociale est le meilleur exemple de l’exploitation de l’homme par l’homme. Marx avait bien raison.

 

4. Page Facebook.

 

5. Audio, video ou les deux.

 

5.b. Débats sur "R.F.I." :  

 

- 4 octobre 2010, faut-il sauver la sécurité sociale ?

 

5.c. Emissions sur "TV Liberté".

- mars 2015,
sur l'organisation de la sécurité sociale.

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